Woody Allen : Les problèmes constants et énormément compliqués que pose la réalisation de films m'occupent l'esprit et je n'ai donc pas trop de temps pour réfléchir aux terribles réalités de la vie.


Dario Argento : Je suis au service de la communauté et de la société. Je considère mes films et ceux de mes collègues comme un service d'utilité publique, qui sert à faire rêver les citadins après les journées de travail et de labeur... ainsi qu'à refléter et à faire changer les mentalités. Il fut un temps où les gens du spectacle étaient considérés comme indignes et, de ce fait, ne pouvaient être inhumés dans les cimetières, comme les suicidés et les criminels. Ils s'assignaient aussi le même emploi (s'évader, faire réflechir, aider à penser).
Aujourd'hui les choses ont heureusement changé et nous jouissons d'une plus grande considération.


Jean-Jacques Beinex : Le cinéma que je fais n'est pas intéressant pour Libération qui me considère comme un metteur en scène de publicité. Donc, quand vous ferez une enquête sur le cinéma publicitaire, je serai très honoré de répondre à cette question.


Bernardo Bertolluci : Parce que je ne sais ni chanter, ni danser.


Robert Bresson : Pour vivre.


Jane Campion : J'ai toujours pensé que se déguiser était l'occupation de la terre entière, l'ambition de tous ses habitants. La joie que je ressens à faire des films vient de là, l'excitation.
J'aime faire des films qui ont un rapport avec la mystification, la découverte, le risque. (...)


John Carpenter : Je fais des films parce que je n'ai vraiment pas le choix. C'est une force lunaire (solitaire ?) qui me pousse à créer ma vision personnelle du monde au moyen du cinéma.


Philippe Clair : Mon message, c'est le RIRE. Si un jour je devais me prendre au sérieux, je crois que j'en mourrais. La vie n'est pas facile et j'ai la chance de la voir en caricature, d'où mon comique : la logique dans l'absurde. Pied-noir et juif de surcroît, je fais partie de ceux qui sont loin de chez eux... Un orphelin du soleil ; je pourrais choisir entre le rire et les larmes, j'ai choisi le rire, le rire heureux, celui de l'enfant qui ne nous quitte jamais. J'ai une nature enthousiaste, des images plein la tête et je veux communiquer aux autres tout mon débordement de vie, d'espoir et de joie.


Luigi Comencini : Parce que c'est mon métier... parce que c'est le seul que je sache faire... parce que c'est amusant... parce que c'est varié... parce qu'on ne s'y ennuie pas... parce qu'un film est toujours une aventure... parce que ça donne l'illusion du pouvoir... parce qu'un jour, j'ai vu Le Kid et Entr'acte.


F.F. Coppola : Je fais des films pour payer les dettes accumulées sur les films que j'ai faits afin de pouvoir faire d'autres films.


Raoul Coutard : Je filme pour ne pas être critique de cinéma.


Alain Delon : A votre question en trois mots, je répondrai par trois mots : "pour le public."


Marco Ferreri : Avant de faire du cinéma, je ne faisais rien. Après avoir fait du cinéma, j'ai continué à en faire parce que je trouvais que c'était ce que je faisais de mieux.


Alain Fleischer : Pour voir...


Jess Franco : Parce que ça me sort par les trous de nez.


William Friedkin : "parce que je ne veux pas mourir"


Kinji Fukasaku : Pourquoi je ne sais pas m'arrêter de filmer, c'est parce que j'aime rencontrer toutes sortes de gens : les personnages intéressants de l'histoire, les acteurs et les techniciens remarquables qui en permettent la mise en images, et enfin les spectateurs bienveillants qui viennent voir mes films. Pour favoriser des rencontres encore meilleures avec tous ces gens-là, je veux continuer à faire des films jusqu'à la fin de ma vie.


Serge Gainsbourg : Je tourne à 24 images/seconde pour n'avoir pas eu le cran d'être ni Giotto, ni Jérôme Bosch, ni Velasquez, ni Goya, ni Courbet, ni Géricault, ni Delacroix, ni Manet, ni Van Gogh, ni Paul Klee, ni Picabia, encore moins Francis Bacon. L'expression picturale se réalise en arrêt image, j'entends par là sans notion de longueur avec cependant dans cette discipline trois cadrages possibles, le format figure correspondant en parallèle au 1.33, le paysage au 1.66, quant au format marine au 1.85. D'où mes désespérances actuelles de m'impliquer dans un art que d'aucuns considèrent comme le septième.


Jean-Luc Godard : Je filme pour éviter la question du « pourquoi ».


Menahem Golan : Un film peut faire et dire plus que la vie. Les films, ce sont comme les jeux, les livres et les contes de fées pour les enfants, dans lesquels ceux qui ont de l'imagination peuvent recréer tout un monde à eux. Le cinéma me donne la possibilité de créer des mondes, des sentiments, des personnages et des histoires d'une dimension plus large que toute autre forme artistique. Comme les troubadours du Moyen-âge qui s'installaient sur les marchés et racontaient des histoires aux foules. (...) Notre planète, solitaire, recherche d'autres formes de vie dans l'univers. Le cinéma est l'art qui permet le mieux à l'imagination humaine de surmonter cette solitude, et pas seulement au moyen de la science fiction. (...) Il permet de créer des être meilleurs que ceux que nous connaissons, et le monde auquel on aspire, un monde plein d'amour et de sentiments.


Dennis Hopper : J'ai eu de la chance.


John Huston : Pourquoi pas ?


Joris Ivens : Ma réponse est dans mon prochain film. Depuis 1911, j'ai fait principalement une carrière de documentariste, côté Lumière. Et aujourd'hui, dans ce no man's land entre documentaire et fiction, je flirte avec Méliès.


Jim Jarmusch : Si des extraterrestres dans l'espace observent vraiment nos activités sur la planète, ils doivent trouver que le processus de fabrication des films est des plus ridicules. Premièrement du celluloïd recouvert d'argent est exposé à la lumière pour enregistrer une sorte de "ré-activation de la vie". Ensuite ce matériau est soumis à différents processus au moyen de machines compliquées, chères et désuètes. Finalement, les spectateurs sont rassemblés dans une grande salle sombre pour regarder ces images lumineuses qui leur sont projetées par une autre machine désuète, ce qui permet auxdits spectateurs d'assister à cette "imitation de la vie".
Je ne sais vraiment pas pourquoi je fais du cinéma.


Akira Kurosawa : Je filme pour établir une communication avec le maximum de gens. Je ne suis pas doué pour l'éloquence, je ne sais m'exprimer pleinement que par mes films. C'est pour ça que je filme.


Richard Lester : Je ne sais pas pourquoi j'adore les films. N'étant pas cinéphile moi-même, je n'ai pas la moindre idée de la raison pour laquelle je fais des films.


George Lucas : Merci de vouloir m'inclure dans votre numéro spécial, je considère que c'est un honneur. Je dois malheureusement refuser de répondre puisque je ne fais plus de mise en scène depuis que je me consacre entièrement à la production.


David Lynch : Pour créer un monde et l'expérimenter.


Nanni Moretti : Avant, je faisais du cinéma parce que je haïssais les mauvais films. Aujourd'hui, je fais du cinéma parce que j'aime les films beaux.


Le Papa de murphy : "Je filme parce que après vous allez grandir et j'aurai pas de souvenir"


Serguei Paradjanov : Pour sanctifier la tombe de Tarkovski


Alan Parker : C'est vraiment la question stupide, genre Cahiers du cinéma. Je n'en ai pas la moindre idée. Pourquoi je filme ? Pour l'argent ? Non. Je fais ça pour rien. Pour l'art ? Non. Le cinéma n'est plus un art depuis 50 ans. (...) Parce que la mise en scène est un véritable cours intensif de mégalomanie ? Parce que c'est le moyen chouette de rencontrer Béatrice Dalle ?


Roman Polanski : Je me le demande...


Michael Powell : En réponse à la question, pourquoi j'ai cessé de faire des films, la réponse est qu'après avoir fait environ 40 films, j'ai réalisé un film qui s'appelait Peeping tom et que ce film a persuadé les critiques anglais que non seulement j'étais un pervers, mais aussi que je faisais partie de l'intelligentsia, et ce fut la fin de ma carrière en Angleterre.
Et, souvenez-vous, vous qui venez après nous, qu'un grand film est le fruit de la collaboration de grands artistes. Que serais-je devenu sans l'amitié fidèle et la contribution experte d'Emeric Pressburger pour le scénario ? Impossible d'y arriver seul. Collaborez, collaborez.


Steven Spielberg : Il n'y a rien d'autre que je fasse aussi bien.


Bela Tarr : "Parce que je déteste les histoires, puisque les histoires font croire qu’il s’est passé quelque chose. Or il ne se passe rien : on fuit une situation pour une autre. De nos jours, il n’y a que des situations, toutes les histoires sont dépassées, elles sont devenues lieux communs, elles sont dissoutes en elles-mêmes. Il ne reste que le temps. La seule chose qui soit réelle, c’est probablement le temps."


Osamu Tezuka : La principale raison pour laquelle je fais des dessins animés est la recherche de la métamorphose. Pour être honnête, je ne m'intéresse pas aux récits et aux rires dans le film d'animation. Je suis attiré par l'érotisme unique qui résulte des lisses mouvements des personnages. Et cela fonctionne en particulier quand on produit des métamorphoses. (...) Bien entendu pour les films publicitaires, les récits et les rires sont nécessaires.
Je continue à faire des films en accordant une égale importance au service du public et à ma propre satisfaction.


Melvin Van Peebles : Je fais des films pour dire à mes soeurs et à mes frères des classes pauvres d'avoir la tête haute et de péter plus haut que la hauteur habituellement désignée pour leur cul.


Lars von Trier : Pour défier Dieu et l'homme... la raison pour laquelle Frankenstein a créé son monstre. L'excitation due au fait de combiner de quelconques morceaux au rebut et un cerveau de criminel, aux forces de la Nature. Le résultat peut ne pas être joli à voir, mais possède une volonté propre et pourrait avoir des conséquences néfastes... et c'est là l'inconvénient.


John Waters : Je fais des films parce que ça m'évite de commettre des crimes.