1. Do You Want to Come With?
2. What's That You Say Little Girl
3. Run
4. Bad Bad You, Bad Bad Me
5. Rose
6. Lost Without You
7. Emily
8. Lines
9. Play
10. Brother
11. New York
12. (untitled)
13. Rain
14. If You Go

En ce dimanche de Noël, et pour marquer mon retour après près de 2 mois sans posts, m’est venue l’idée de vous parler d’un artiste qui me fait chavirer depuis bientôt 2 ans. En fait, c’est plutôt aDr qui m’a fait ce cadeau de me laisser vous parler de lui alors qu’il avait prévu de le faire, arguant du fait qu’il ne l’avait découvert que récemment et qu’un passionné arriverait sans doute mieux. Me voilà donc avec tout ce poids sur mes frêles épaules pour vous initier au monde fantastique d’un petit garçon du nord de l’Angleterre (Manchester, home of the Red Devils !!!) répondant au nom de Fretwell, Stephen Fretwell (désolé, petit reste de James Bond… xD).

Son premier (vrai) album, Magpie, date de 2004 déjà, et pourtant, je ne me lasse toujours pas d’écouter la voix de Stephen me bercer et me faire parcourir tout un éventail d’émotions insoupçonnées. Cette voix grave, dense, presque suave, un brin rauque, et avec laquelle la moindre phrase semble prendre une toute autre ampleur, comme si toute la détresse du monde s’abattait d’un seul coup sur nous. Et cela commence dès le début de l’album avec Do You Want To Come With ? Cette chanson s’ouvre en effet avec…du silence, bientôt rompu par quelques notes de piano avant que la guitare de Stephen ne se mette à chanter légèrement, attendant que son maître ne vienne ajouter sa voix écorchée. Ça y est, le vide s’est emparé de nous, on se laisse happer par ce tourbillon d’émotions d’une tristesse insondable. Et dès cette première banderille plantée en nous, rien ne saurait nous faire décrocher de l’album. Il s’est emparé de nous et ne nous quittera qu’une fois la dernière note jouée…


Après cette sublime et émouvante introduction, Stephen montre une autre facette de sa musique avec une suite de ballades folk toute magnifiques sur lesquelles il peut laisser son jeu de guitare s’exprimer quelque peu. Cela commence avec un What's That You Say Little Girl et sa mélodie lancinante, chanson pleine d’élan et qui nous fait indéniablement esquisser un petit sourire en coin. Mais après cette touche un peu plus gaie, arrive Run, sans hésitation l’un de mes titres préférés, peut-être même mon favori. Car à sa traditionnelle guitare, Fretwell ajoute une batterie toute en légèreté, ainsi qu’un accompagnement au piano, le tout pour une véritable perle folk emplie d’émotion dans laquelle le jeune songwriter fait étalage de tout son talent. Bad Bad You, Bad Bad Me poursuit la lancée de Run, avec cependant un tempo un peu plus lent et un peu moins de jouerie. Mais le titre reste ainsi une parfaite transition pour Rose, titre aux abords bien plus sombres et profonds, sans doute à cause de ces arpèges à la guitare (électrique cette fois) et au background vocal féminin tout plein de douceur et de mélancolie à la fois. Magnifique. Reste que certains pourraient être déçu et trouver le titre trop répétitif. Peut-être, mais lorsque c’est si beau, pourquoi s’en priver ? Puis viennent Lost Without You, une ballade guitare/piano bien sentie et surtout Emily, morceau splendide, renversant de dépouillement, personnellement mon chef-d’œuvre avec Run. De plus, je trouve qu’il y a comme un décalage entre le ton de sa voix (relativement enjouée) et le texte (So if you should fall, please don't call; And next time you write, I won't stay up all night; 'Cos Emily you, just look at you - you're a tragedy). Et je dois dire que j’aime assez cet effet de décalage qui me fait un peu penser à Adam Green, même si Stephen reste bien plus profond dans ses textes que ne l'est le trublion sur Jessica.


Je ne vais pas vous décrire tous les titres en détail, car chacun les percevra à sa manière, juste vous dire que le reste de l’album est tout aussi sublime que ces chansons-là et qu’il serait dommage de passer à côté de Lines et New York, compositions aérées et efficaces vous laissent dans cette même beauté triste, tout comme manquer la dylannienne Brother pourrait s’apparenter à un crime impardonnable. Enfin, ne pas oublier de planer sur Rain et de clôturer ce parcours avec un If You Go plein de mystère.

En conclusion, et même si je ne suis pas très objectif, je ne puis que vous conseiller cet album splendide qui est un véritable envoûtement. Le garçon en fait peu mais conserve l’efficace, l’authentique, l’essentiel. Des émotions, quelques accords, des choses à raconter, Stephen Fretwell s’affirme assurément comme la nouvelle voix du folk écorché, et si vous partagez assez souvent les goûts musicaux présents sur ce blog, vous ne pourrez sans doute pas lutter bien longtemps avant d'être pénétré par cette ambiance tristement agréable, par cet univers soudain léger, une voix, une guitare, quelques doux impacts de caisse claire, un piano discret... Le simple plaisir d'écouter là l'oeuvre d'un grand songwriter suffit largement à transformer ce moment en un bonheur mélancolique dont on ne veut finalement plus sortir...

Je vous laisse avec une vidéo d'Emily dans une version un peu plus enjouée et rythmée que l'originale qui n'a pour seul accompagnement qu'une guitare sèche. Mais j'aime assez cette version là.


Run et Emily sont dans la radioblog, et pour Magpie en ddl, c'est par ICI.