1. L’homme a toujours voulu dompter la postérité.

    Il est vrai que de tout temps, le genre humain a toujours tenté d’accéder à la postérité. Dans l’antiquité, les savants étaient plus ou moins obsédés par le fait de survivre à travers leurs écrits, ainsi Lucrèce à dédié toute sa vie (enfermé dans une bibliothèque) afin de rédiger son De Natura Rerum ouvrage de physique ambitieux qui reprenait la théorie du clinamen d’Epicure pour la développer et insérer pour la première fois la notion d’atome. Et ce souhait de vaincre le temps a toujours été d’actualité ainsi Napoléon BONAPARTE disait : « Il ne faut point passer sur cette terre sans y laisser des traces qui recommandent notre mémoire à la postérité. »
    Vous l’aurez remarqué la plupart des personnalités qui traversent les siècles ont souvent dédié leur vie, on mit de côté leurs loisirs, leurs familles ; à croire que l’histoire ne tolère pas les flemmards.
    Néanmoins, aujourd’hui notre culture n’implique pas souvent de sacrifier sa vie pour une cause, aussi abstraite que la rédaction d’un livre ? Plus grand monde entreprend une œuvre littéraire gigantesque. Cependant je ne pense pas que cette volonté de ne pas finir ordinaire s’est effacée avec l’arrivée du XXIème siècle malheureusement on se donne peu être moins les moyens de passer à la postérité.
    L’arrivée du net a probablement changé la donne… Maintenant à chaque fois que l’on écrit sur internet, on laisse une trace. Certes toutes ne permettent pas d’accéder à cette postérité tant recherchée !

  2. Le net et les blogs volonté (in)consciente d’être reconnu au fil des siècles ?

    Que ce soit par le biais d’un photo-blog, ou d’un blog écrit, le propriétaire cherche à trépasser l’incapacité qu’à le corps à traverser deux siècles. Il est vrai que d’autres personnes actuellement sur le réseau peuvent consulter les sites ou les blogs (plus personnelles) ; mais j’imagine que inconsciemment le blogueurs souhaitent que son site, ses réflexions (qui n’ont alors plus besoin d’un support papier pour survivre, être distribuées) puissent accéder au futur et être, qui sait, consultées par ce futur !
    Le blog, qu’en à lui, constitue une œuvre à part entière, même si aujourd’hui on va vers une utilisation plus diversifiée du blog comme s’en servir comme un outils de recrutement, il n’en demeure pas moins, que le web log pourrait servir de support pour des réflexions intéressantes à des personnes qui n’ont pas les moyens, l’ambition, la volonté de les transcrire sur papier  (un livre est un travail certainement impressionnant).
    Mais, à l’instar des scientifiques qui font des recherches par équipes, les internautes souhaitent tutoyer la postérité par le biais de la communauté ; c’est bien ici tout l’intérêt et sur quoi est fondé le web 2.0. Wikipedia, comme d’autres sites communautaires, propose à chacun de participer à une œuvre faramineuse qui à la chance d’accéder à cette postérité, et je pense que c’est, en plus d’une satisfaction personnelle, ce qui pousse l’internaute à proposer son intelligence à un projet non rémunératif…

  3. Est-ce bien possible ?

    Maintenant, et à l’instant je ne vois bien que ces sites web 2.0 survivent et défiés le temps. Néanmoins, le blog et sa réflexion personnelle qui ne reçoit aucune censure, modification, et qui de surcroît permet le commentaire qui s’inscrit alors directement dans l’article lui-même devenant une partie de celui-ci, vont-ils pouvoir nous survivre et devenir des références dans un siècle ?
    Malheureusement, pour le moment je ne pense pas, pour plusieurs raisons et la plus évidente se situe dans le côté financier de l’affaire. Je m’explique, pour que le contenu d’un blog soit hébergé à l’infini n’oublions pas qu’il faut débourser et je ne pense pas qu’un internaute lambda est prêt à payer pour que son site reste online, vivant pour les siècles et les siècles !
    Dans le même genre, je ne pense pas que l’information peut rester infiniment présente sur les serveurs, pour le moment seul le papier est arrivé à survivre aux guerres, aux millénaires, (aux cons)…
    Et enfin le dernier et plus important problème, est dans le contenu des blogs qui ne méritent probablement pas la postérité. N’oublions pas que cette chose abstraite que l’on souhaite tant maitrisée qu’est la postérité n’est accessible qu’après un certain travail : le temps juge difficilement…


Vous l’aurez compris, ce n’est peut-être pas un moyen de postérité, certainement un de célébrité, mais la direction dont prend le net (web 2.0 voire web 3.0) pourrait très bien voir naitre des inconnus qui connaitront un succès post-mortem.
Serait-il tellement absurde que de croire que dans 10-15-20ans, les bacheliers pourraient se retrouver devant un texte issu d’un blog ? De toute façon : « Malheur aux détails, la postérité les néglige tous. » affirmait Voltaire.